US Gorée, 1924-2024 : Jules Basse, un témoin privilégié de l´US Gorée raconte…

Interviewé à l´époque (1983) par Feu Mansour Sow, Jules Basse qui fut d´ailleurs le premier président de l´US Gorée était revenu sur les moments forts du club et les difficultés auxquelles ils ont du faire face notamment vers les années 1930.

Après la guerre de 1914-1918, je me promenais souvent dans l´ile, à la place Gouvernement. Là, je voyais de jeunes enfants jouer au football. Je les observais et j´avais beaucoup d´admiration à les voir s´adonner à leur sport favori sous la direction  d´un jeune et dynamique garçon, le Feu Henry Faye qui abritait et dirigeait les parties.

Je remarquais, l´effort qu´il fournissait pour organiser ses camarades. Henry Faye habitait chez Me SORANO qui était à la J.A., je me suis dis qu´il fallait faire quelque chose.

Il faut signaler au passage que les équipes dakaroises (de quartier) venaient participer à l´ile.

Il faut souligner par ailleurs que je n´étais pas un sportif, c´est à dire que je ne pratiquais aucune discipline sportive, mais la nécessité d´aider les jeunes à se regrouper dans une entité organisée se faisait sentir. En ce moment, le sport n´était pas structuré au Sénégal, les autorités ne donnaient aucune subvention aux associations sportives. Les clubs jouaient contre les militaires, les marins et la caserne du 6ème RAC et les équipages des bateaux de passage. Le seul club organisé à l´époque était la J.A. J´ai eu plusieurs rencontres avec Me SORANO avec lequel je discutais beaucoup de Sport, l´équipe se déplaçait souvent à FANN pour y jouer.

S´agissant des structures du club, M. Basse soutenait que c´est après la mort de Henry Faye que les statuts du club furent déposés le 20 aout 1933 et le club US Gorée reconnu et enregistré au J.O en septembre 1933. A l´origine, il n´y avait que le Football et la natation, l´athlétisme vint ensuite. Il faut dire que les structures n´étaient pas comme celles d´aujourd´hui.

Il raconte comme il était avec des enfants, donc sa tache était lourde, il supportait la plupart des dépenses. Le siège du club au départ était à son domicile car ils n´avaient pas d´argent. D´ailleurs pour fêter leurs victoires, c´était lui qui débloquait de l´argent pour acheter des sirops, des oranges etc… Il prenait également en charge les équipements des joueurs et les jeunes formaient le reste de l´encadrement.

Mais pour lui, leurs plus grandes difficultés à l´époque étaient les moyens de transport. « Je travaillais à la Mairie et le secrétaire á la mairie et le Secrétaire Général me prêtait dès fois leur camion pour transporter mes joueurs qui habitaient tous à Gorée. On jouait sur le terrain disponible de la place du gouvernement. Nous avions une lettre officielle du gouverneur qui autorisait á y jouer. Cependant, une circulaire nous précisait que le club était responsable de tout accident qui surviendrait. Cette circulaire avait été publiée á la suite d´une blessure d´un joueur de la J.A. lors d´un match.

Néanmoins, nous avions de bonnes volontés que nous n´hésitions pas à solliciter á chaque fois que le besoin se faisait sentir.  Je citerai feu Thubert ancien Président de la Chambre de Commerce de Dakar et feu Grasiani. Il z a aussi mon ami Diaz, huissier de justice, qui m´a beaucoup aidé dans la formation de notre club».

Je constate que le prestige de mon club tombe de plus en plus regrettait-il tout en invitant les pratiquants de prendre exemple sur les devancières car selon lui, ils n´avaient pas le droit d´éteindre la flamme Gorienne. Jules Basse avait terminé son interview en remerciant les présidents qui lui avaient succédé à la tête de l´US Gorée et en rendant un hommage  mérité à feu Henry Faye, à Youssou Fall qui a été son Vice-Président, à Lothaire un militaire qui deviendra par la suite Président du Club, à Roboth son neveu.

Source : Le Goréen N*8 juillet 1994 propos recueillis en 1983 par Mansour Sow ancien SG de l´USG